mardi 29 novembre 2016


Carta de Pedro à Inez


Vois-tu enfin de la lumière se glisser entre tes doigts ?
Qui pousse ainsi le couvercle
de ta tombe, unique ouverture,une porte en lames brisées ?
Tes encadrements secrets s’écartent comme une arche.
Je suis arrivé trop tard, j’écoute les bruits si proches…
Au sol, un lointain grouillement d’insectes te piquent la robe, la dentelle se laisse faire, tu t’en fous ! 
Je me penche sur toi, au bord de ce souffle je te rends ton image,
celle qui garde l’œil frappé de voiles blancs qui nous aveuglent. Rien de nous n’ensemence plus les veines, plus de sang ne coule à ta source.

Ô mon amie, ma peine, je te suis depuis si longtemps.

Encore endormie, immobile, tu fatigues comme une orchidée soutenue par une main privée de sa force.
Impassible Reine, enfin, tu courbes la tête.
Anges et chérubins te portent grand secours. Mes péchés pèsent sur l’or et les rubis qu’elle portait en parure de tête ne sont plus que des fruits secs brisés sous un caillou.
Que le royaume se lève pour elle,
Qu’il la suive, lui prête hommage.
Je ne suis plus que vengeance en attente de son crime, je chercherai justice partout où l’on réclame ma main et le glaive sera toujours porté vers le cœur pour le couper en deux.

Pedro o Cru, Paris 4 de Abril de 2014

Mes Robes, Exposition à Miramas